1 000 ans d'histoire

 

L'origine du nom "Talmont"

Le nom de lieu "Talmont" apparaît pour la première fois dans un texte de 1025 (Talamonte). Au XIIIe siècle, il se fixe sous deux écritures : "Talemont" et "Thalmont". D'après les linguistes, l'origine de ce nom serait pré-indo-européenne : "Tala" signifierait "terre, argile" et révélerait la permanence d'un habitat sur ce promontoire depuis l'aube des temps.


Le premier château 

Chateau à motte


 

Après avoir mis un terme aux dévastations normandes sur le littoral poitevin en 1018, Guillaume V le Grand, duc d'Aquitaine et comte de Poitou, confie à un de ses plus fidèles sujets, Guillaume le Chauve, la construction d'un premier château à Talmont : simple tour sur une motte de terre cernée par une palissade de bois. Au sud de cette motte, à l'emplacement actuel du château, et probablement à la même époque, on érige une église de style roman dédiée à Saint-Pierre sur un éperon schisteux. De celle-ci, il ne reste, aujourd'hui, que le clocher-porche qui servait d'entrée.


L'ensemble palatial

Quelques années plus tard, vers 1030-1040, pour des raisons de confort de vie pour lui et sa "mesnie", puis de guerres intestines familiales, Guillaume le Chauve entreprend la construction d'un nouveau château qui deviendra le siège d'une riche principauté. Il fait ériger autour de l'église Saint-Pierre une enceinte de galets dont le tracé épouse fidèlement celui de l'éperon, dit "barré" car coupé du château à motte, au nord, par un profond fossé alimenté par la mer. A l'intérieur de cette grande muraille, il se fait construire un grand bâtiment de réception (l'aula) dont on aperçoit l'emplacement de nos jours. Guillaume le Jeune fait surélever la tour du clocher-porche et y accole une tour contenant un escalier à vis qui permet de desservir les différents étages. Selon Michel Dillange (ancien  Architecte des Bâtiments de France et auteur de : "Les comtes de Poitou, ducs d'Aquitaine (778 - 1204)", 1995), il faudrait, aujourd'hui, uniquement parler de tour résidentielle. Ce type de plan palatin reste relativement rare dans le Centre-Ouest et témoigne, par conséquent, d'une grande originalité architecturale.

                
   





L'incendie

En 1138, pour punir la félonie de Guillaume de Lezay, qui n'avait pas moins fait que d'usurper le château pendant sa garde et, "pis" encore, voulu prendre le roi de France en otage, Louis VII fît incendier la totalité du château ainsi que l'église Saint-Pierre et l'abbaye Sainte-Croix.

Les fortifications de Richard Cœur de Lion

Richard Coeur de lion

De par sa mère, Aliénor d'Aquitaine, Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre en 1189, hérite, entre autres, du comté de Poitou et de ce fait du château de Talmont. C'est en quelque sorte la résidence secondaire de Richard qui vient s'y reposer et surtout y chasser. Richard est un valeureux guerrier mais aussi un grand bâtisseur (Château-Gaillard). C'est probablement lui, par l'intermédiaire de son fidèle vassal, Raoul de Mauléon, alors Seigneur de Talmont, qui fait fortifier l'ancien château en le dotant d'éléments défensifs appropriés aux nouvelles machines de guerre (trébuchet, pierrière, baliste). Il fait élever une seconde enceinte, flanquée de tours de contrôle circulaires. Il renforce la face nord par un impressionnant éperon triangulaire, mur de plus de 7 mètres d'épaisseur, ainsi que la face est en élevant un mur de protection. Enfin, pour achever la fortification de son château, il fait construire la tour assommoir, unique passage entre la basse cour et la haute cour. Le château de Talmont est alors une véritable   forteresse militaire imprenable et l'histoire ne le démentira pas. ( Plan )



Un destin peu mouvementé

En 1253, le château de Talmont passe dans la famille des vicomtes de Thouars. Au début du XVe siècle, cette famille se fait construire un logis plus confortable. Il semble que le château n'ait pas joué de rôle durant la guerre de Cent Ans. En 1404, c'est la famille d'Amboise qui hérite de la forteresse puis en 1470 la famille de La Trémoille qui en sera le dernier propriétaire.

               

Les guerres de religions

La forteresse de Talmont est un enjeu important localement puisqu'elle abrite, tour à tour, catholiques et protestants jusqu'au siège final des troupes d'Henri de Navarre en 1587. Celui-ci, une fois roi de France, fait restaurer les défenses du château, curer les fossés et consolider les portes et les palissades endommagées au cours des nombreux sièges. C'est aussi à lui que nous devons la construction au sud d'un bastion et d'une tenaille anguleuse, éléments de défense avancés.

Le démantèlement

Pour éviter que les anglais et leurs alliés protestants ne puissent s'implanter durablement en Bas-Poitou, Louis XIII et Richelieu demandèrent le démantèlement de nombreux châteaux de la région dont celui de Talmont. En 1628, Henri Ier de La Trémoille obéit à l'injonction du roi en échange d'une somme confortable. A partir de cette date, le château n'est plus habité et commence lentement à se dégrader du fait de son utilisation en carrière de pierres par la population talmondaise pendant de longues années. Ce n'est qu'en 1963, que l'on recommence à s'intéresser à ce monument, à son histoire et par conséquent à l'histoire du Talmondais.

   

Le Château au Moyen-Age

(Selon les recherches de Teddy Bethus)

donjon

(Aquarelle de Duigou d'après les recherches de Teddy Bethus)

    chateau aquarelle
(Aquarelle de Duigou d'après les recherches de Teddy Bethus)

Pour en savoir plus

GADE Pascale : Talmont, une forteresse de Richard Cœur de Lion,
Ed d'Orbestier. Le Château-d'Olonne, 1997.





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